Initié par le peuple Abouré Ehivet de Bonoua, à travers l’Arebo, la mutuelle de développement de Bonoua, que l’on peut à juste titre qualifier de première initiatrice du carnaval depuis 1972, le Popo carnaval de Bonoua est devenu l’une des fêtes culturelles les plus populaires de la Côte d’ivoire, qui prône la mise en exergue de son patrimoine culturel.

La ville de Bonoua, réputée Cité de l’ananas, est située à 50 km, à l’est d’Abidjan, et son Popo carnaval est la résultante de variations imposées depuis 1946 à la traditionnelle fête annuelle des ignames en pays Abouré.

C’est devenu un rendez-vous annuel dès fin mars jusqu’au début avril pour la promotion de la culture abouré.

Le Popo carnaval, c’est une semaine commerciale qui s’accompagne d’animations parmi lesquelles, des matchs de football, des représentations théâtrales, de fanfares, danses folkloriques, de dégustations de plats locaux, concours du plus bel homme et de la plus belle femme selon des critères de beauté qui se veulent exclusivement abouré et ivoiriens, etc.

Il y a également des défilés de majorettes, de chars magnifiquement décorés et de danses folkloriques sur la grande place dite place du « Popo»

Après le traditionnel défilé, et cela durant toute la nuit du samedi clôturant le festival, le village se transforme en un « maquis géant » où les festivaliers se rencontrent et font la promotion des maquis et espaces de divertissement de la ville.

La 38e édition, du 2 au 15 avril 2018, avait innové avec le village de l’intégration africaine, et le comédien Gohou Michel est devenu ambassadeur assumant désormais, entre autres, les charges de bons offices auprès des ambassades, des opérateurs économiques.

Cette édition s’était déroulée sur le thème : « Stratégie pour un impact durable des arts, la culture et le tourisme sur l’économie ivoirienne », cela répondait à une ambition de montrer comment les arts et la culture impactent le développement économique et combien la ville de Bonoua est tributaire de la richesse de sa culture et de son art pour son rayonnement.

Cette année, la 39e édition, sur le thème « Valeurs culturelles et traditionnelles pour une cohésion sociétale durable », connaîtra, du 22 avril au 5 mai, une autre innovation, car placée sous le sceau du concept de l’entente, de l’union et de la réconciliation…

Avec la participation de la diaspora Abouré, non composée exclusivement de personnes vivant hors du territoire ivoirien, mais aussi de celles demeurées en Côte d’Ivoire, propriétaires terriens à Locodjro dans la commune d’Attécoubé, en territoire Ebrié. Ils seront tous célébrés. Une autre innovation concernera l’introduction du village de l’intégration, qui aura pour objectif de promouvoir les différentes cultures de la sous-région.

Le président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire, Traoré Moussa, est le parrain de cette 39e édition. A cet effet, il a lancé un appel à la cohésion des filles et fils de la Cité de l’ananas.

La célébration du Popo carnaval montre comment, il est important aux yeux des Abouré, de sauvegarder et de valoriser ce qu’il y a de plus sacré de leur héritage, leur culture, gage d’un équilibre et d’un développement harmonieux.

Notons que le Popo carnaval est placé sous le parrainage honoraire du vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan, et sous le sponsoring officiel de Brassivoire.

Cette notion de réelle résilience ne devrait-elle pas interpeller notre cher continent car cette volonté exprimée depuis des décennies par des Africains, en l’occurrence le peuple Abouré de Côte d’Ivoire, a permis réellement de mettre en valeur et de pérenniser certaines traditions prônant, entre autres, la solidarité ?

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