Vingt-sept ans après en avoir bénéficié, le Cambodge contribue au maintien de la paix de l’ONU

C’est dans un ciel couvert que se réveille Juba. Dans la capitale du Soudan du Sud, le grondement du tonnerre annonce le début de pluies légères. Dans son uniforme de police militaire, le colonel Channy Vongvannak inspecte la station d’épuration d’eau installée dans la base des Casques bleus cambodgiens de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

« Chaque jour, grâce à notre station d’épuration, nous produisons environ 10.000 litres d’eau potable propre », explique le colonel Vongvannak qui commande la police militaire de la force cambodgienne de la MINUSS. Ses troupes produisent de l’eau potable pour leur usage quotidien. Cette eau propre est également mise à la disposition de tout le personnel de la mission onusienne.

Nous estimons que nous devons contribuer de la même manière que les autres pays l’ont fait lorsqu’ils travaillaient pour la mission des Nations Unies chez nous

Fournir une eau propre à l’ensemble du personnel de l’ONU au Soudan du Sud n’est pas de la responsabilité du contingent cambodgien de la MINUSS. Mais cette action illustre l’approche coopérative et collégiale du Cambodge envers le maintien de la paix. Une approche qui est née d’un lien historique récent entre le pays d’Asie du Sud-Est et les Nations Unies.

« Le Cambodge a reçu des troupes de maintien de la paix et ​​nous estimons que nous devons contribuer de la même manière que les autres pays l’ont fait lorsqu’ils travaillaient pour la mission des Nations Unies chez nous », se souvient le colonel Vongvannak. « Nous comprenons donc lorsque les pays et les peuples souffrent lors d’un conflit et qu’ils ont besoin d’aide ».

Entre février 1992 et septembre 1993, 22.000 membres du personnel civil et militaire des Nations Unies ont été déployés au Cambodge après la signature en 1991 à Paris d’un accord de paix mettant fin à plus de 20 ans de guerre dans ce pays.

Le personnel onusien a été déployé dans le cadre de l’Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC). Cette opération de maintien de la paix – la plus importante en termes de taille et de mandat au lendemain de la Guerre froide, avait pour mandat d’assurer la mise en œuvre d’un règlement politique du conflit dans le pays.

Vingt-sept ans après avoir bénéficié du maintien de la paix de l’ONU, le Cambodge y contribue. La participation du royaume aux opérations onusiennes a commencé en 2006. Au 1er avril 2019, 780 Casques bleus cambodgiens participaient à cinq opérations de maintien de la paix présentes au Soudan du Sud, en République centrafricaine, au Mali, au Liban et à Abyei (Soudan). Leurs actions se concentrent sur des activités de déminage et d’ingénierie.

A l’instar des autres pays contributeurs de troupes, la participation des Casques bleus cambodgiens au maintien de la paix ne s’est pas faite sans sacrifice. En mai 2017, quatre d’entre eux ont été tués dans une attaque contre un convoi de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA).

Photo MINUSS/Isaac Billy

Le colonel Channy Vongvannak, commandant de la police militaire de la force cambodgienne au sein de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), inspecte une installation d’épuration de l’eau.

Présent au Soudan du Sud depuis 2012

Le Cambodge a envoyé sept contingents de police au Soudan du Sud dans le cadre de sa contribution à la MINUSS. La police militaire cambodgienne est déployée au sein de l’opération onusienne depuis 2012.

Le contingent cambodgien de la MINUSS compte actuellement 70 personnes, dont 10 femmes, déployées dans plusieurs endroits de ce pays d’Afrique de l’Est. À ce jour, quelque 550 Casques bleus cambodgiens, dont 48 femmes, ont servi sous le drapeau bleu de l’ONU au Soudan du Sud.

Le colonel Vongvannak en est à sa quatrième rotation au Soudan du Sud. Il y a été déployé pour la première fois en tant que commandant adjoint juste avant décembre 2013 lorsque des affrontements ont éclaté entre des factions rivales sud-soudanaises.

Travailler de jour comme de nuit pendant le conflit était une chose normale, se souvient le colonel Vongvannak. « Pendant la crise, nous avions été chargés de surveiller le périmètre du camp de protection des civils 24 heures sur 24. C’était un défi parce que nous n’étions pas formés pour traiter avec des civils », dit-il.

En collaboration avec d’autres contingents de la MINUSS, « nous avons assuré la sécurité intérieure du camp, mené des opérations de recherche, bouclé des zones identifiées comme dangereuses et où régnait la contrebande d’armes », détaille le commandant cambodgien.

Réglementation de la circulation

Dans l’enceinte de la base du contingent cambodgien, le colonel Vongvannak rencontre quatre officiers de police militaire qui inspectent la cargaison des troupes onusiennes qui s’apprêtent à quitter le Soudan du Sud.

« Il est interdit d’exporter du bois indigène, des parties d’animaux telles que des défenses d’éléphants », explique l’adjudant-chef Heang Sokly, alors qu’elle commence le contrôle du fret.

La police militaire cambodgienne contrôle également la vitesse des véhicules dans l’enceinte du camp de la MINUSS. Avec leur radars, cônes rouges vifs, sifflets, bâtons indicateurs, radios et gants blancs, les policiers cambodgiens régulent la circulation. Ils stoppent quelques conducteurs ayant dépassé la limite de vitesse autorisée et à ceux qui ne portent pas la ceinture de sécurité, leur rappellent poliment le code de la route. Parfois, ils effectuent également des alcotests auprès du personnel suspecté de conduire sous l’influence de l’alcool.

« Nous ne sommes pas ici pour pénaliser, mais pour rappeler au personnel leur sécurité », explique le capitaine Mon Sinang.

Les accidents de la route impliquant le personnel de l’ONU à Juba peuvent augmenter avec l’arrivée de nouveaux arrivants qui ne sont pas habitués aux conditions générales de conduite dans la capitale sud-soudanaise.

Outre le respect du code de la route de la MINUSS, les policiers militaires cambodgiens s’emploient à faire régner l’ordre public parmi le personnel civil, militaire et policier onusien, mènent des enquêtes sur les accidents et sont parfois appelés à aider le Groupe des enquêtes spéciales de la mission de maintien de la paix.

Source: / Organisation des Nations Unies (ONU). Le contenu de cet article ne reflète pas nécessairement les vues ou l’opinion de Global Diaspora News (www.GlobalDiasporaNews.com).